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Dati : décryptage d'une reconnaissance en paternité

Le 09 février 2016
Dati : décryptage d'une reconnaissance en paternité
(Le Figaro.fr - 06/11/2012)

La justice rendra le 4 décembre sa décision concernant l'assignation pour «reconnaissance de paternité» lancée par Rachida Dati et visant le PDG du groupe Lucien Barrière Dominique Desseigne.

Taboue pendant trois ans et demi, la paternité de Zohra, la fille de Rachida Dati, est désormais dans la lumière crue de la justice. L'ancienne garde des Sceaux a assigné Dominique Desseigne ce mardi devant le tribunal de grande instance de Versailles pour une action en recherche de paternité. Elle désigne le célèbre patron du groupe Lucien Barrière comme le père biologique de sa petite fille de 3 ans et demi et demande à la justice d'ordonner une expertise génétique pour l'attester.

D'ores et déjà, le conflit est consommé: Dominique Desseigne refuse de se soumettre au test ADN. Défendu par la redoutable et redoutée Me Michèle Cahen, qui avait «divorcé» le couple Sarkozy, le richissime homme d'affaires n'entend pas se laisser faire dans cette action qui le conduirait à des responsabilités légales tant sur le plan parental que financier et successoral. «Mon client a de légitimes raisons de contester et de s'opposer à cette demande», fait savoir l'avocate.

Dans le droit français, si seul un tribunal est apte à ordonner ce type d'expertise - les tests de paternité vendus par les laboratoires sont illégaux, contrairement à l'Angleterre, la Belgique ou l'Espagne - il ne peut pourtant contraindre personne à s'y soumettre. La loi implique en effet le consentement du père présumé. Dominique Desseigne est donc parfaitement libre de refuser le test.

«Apporter la vraisemblance de la relation»

En revanche, le tribunal n'a pas besoin d'analyses ADN pour déclarer une paternité. Au regard des éléments fournis par la mère (sms, photos, témoignages.) pour «apporter la vraisemblance de la relation», explique Me Laurence Mayer, avocate spécialiste du droit de la famille, les juges peuvent «tirer les conséquences légales du refus» du père. En d'autres termes, décider que ces seules preuves de la relation sont suffisantes pour établir la paternité.

«Refuser un test est donc très risqué, prévient Me Mayer, je ne conseille jamais de le faire, car un homme peut être déclaré père même s'il ne l'est pas. Si l'on a un doute, autant l'établir». Et Dominique Desseigne en aurait, des doutes. Dans une interview accordée à «M», le magazine du Monde , il jure ignorer s'il est le père. Le refus n'aurait alors qu'un motif: «Aucune envie de lui faire la voie facile», avoue son entourage proche qui estime qu'«il s'est toujours conduit de manière honnête avec elle».

«Je n'imagine pas Rachida Dati faire cette requête sans avoir de pièces probantes, dit un avocat du barreau de Paris. L'enjeu médiatique et l'exposition personnelle sont bien trop importants». «Bizarrement, il y a très peu de choses au dossier», soutient la défense en se disant confiante.

Dans ces affaires, quand la paternité est reconnue, elle ouvre de nombreux droits à l'enfant et devoirs au "nouveau" parent». Modification de l'état-civil, partage de l'autorité parentale, droits de visite et pension. Attention, rappelle Me Mayer, cette dernière, appelée «contribution pour l'éducation de l'enfant», est exigible «non pas au jour de la demande formulée devant le tribunal mais au jour de la naissance de l'enfant, ce qui permet de rétroagir».

Rachida Dati, qui ne souhaite pas s'exprimer sur le sujet, a engagé des poursuites judiciaires contre plusieurs médias ayant fait état de cette assignation en reconnaissance de paternité. Mardi, l'audience, à huis clos, a duré moins d'une heure et en l'absence de Rachida Dati et de Dominique Desseigne. Le jugement a été mis en délibéré au 4 décembre

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