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08/03/2010
Le conjoint d'un français ne peut résider en France qu'en
prouvant pendant une durée de 3 années, une communauté de vie, à défaut de
quoi, son titre de séjour ne sera pas renouvelé.
Il y a une exception à ce principe, en cas de violences
conjugales : prévoit le maintien et le renouvellement du titre de séjour du
conjoint étranger marié à un français, s'il est victime de violences
conjugales.
Cependant, il y a une exception à cette exception :
lorsque le conjoint étranger est de nationalité algérienne.
Dans cette dernière hypothèse, l'article L 313-12 du Code de
l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'est pas applicable, au profit du traité
international conclu entre la France et l'Algérie, la convention du 27 décembre
1968.
Comme la convention franco-algérienne ne permet pas la
possibilité pour le conjoint victime de violences conjugales d'avoir son titre
de séjour maintenu ou renouvelé, le conjoint algérien victime de la part de son
conjoint français de violences, ne pourra pas bénéficier des dispositions
protectrices litigieuses.
C'est ce qu'a jugé le Tribunal administratif de Bordeaux (10
juillet 2008, n° 335-01-03 C).
« Considérant que l'accord franco-algérien du 27
décembre 1968 modifié régit d'une manière complète les conditions dans
lesquelles les ressortissants algériens peuvent être admis à séjourner en
France....qu'il résulte de ce qui précède que les dispositions de l'article L
313-12 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne
sont pas applicables aux ressortissants algériens ; que par suite, la
circonstance que la vie commune aurait été rompue à la suite de violences
conjugales exercées sur M....par son épouse, est en tout état de cause, sans
incidence sur la légalité de la décision attaquée ».
Cette décision, si elle est irréprochable en droit pur du
fait de la supériorité de la norme internationale sur la norme nationale, est
totalement inique en ce qu'elle introduit une discrimination entre les
conjoints étrangers : les conjoints algériens de français seront moins
bien traités que les autres lorsqu'ils seront victimes de violences conjugales.